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Dans la vallée de Kamikōchi

Les Alpes japonaises, c’est si grand que je dois bien avouer que j’étais paumée en préparant notre voyage. Difficile de s’y retrouver et de choisir ce que nous allions voir et faire, d’autant que les trajets s’allongent rapidement en montagne. Depuis Matsumoto, Takayama semblait être une option solide, mais les quasi 5h de train me rebutaient un peu. C’est là que Monsieur me propose de faire escale à Kamikōchi. Parfaitement située à mi-chemin entre les deux villes, cette vallée du parc national Chubu-Sangaku est connue pour ses magnifiques panoramas et ses chemins de randonnée.

La rando à Kamikōchi, ce n’est pas vraiment le GR20. Les chemins sont bien (très bien) aménagés, le dénivelé s’approche de 0 et tout est bien indiqué (ce qui me rassurait bien vu nos aventures de la veille à Narai Juku). Et si le parc abrite des ours noirs, le risque d’en croiser un est très faible sur les chemins principaux.

Pour préparer notre excursion, je me suis surtout servie du site officiel de Kamikochi. On y trouve notamment les périodes d’ouverture, les moyens d’accès et leurs horaires, des cartes… Parmi les infos importantes : le parc n’est ouvert que de mi-avril à mi-novembre, la température y est bien inférieure à celle de Matsumoto et les derniers cars partent tôt donc ne soyez pas trop ambitieux sur les distances que vous prévoyez de parcourir. Nous avions planifié notre excursion lors de la semaine de « pré-ouverture » (ce qui signifie que toutes les infrastructures ne sont pas encore ouvertes), et devant l’impossibilité de savoir si la consigne à bagages serait ouverte ou non, nous avions fait le choix d’envoyer nos sacs par Takkyubin.

Depuis Matsumoto, nous montons dans un premier train pour nous rendre à Shinshimashima station, où un bus prend le relais jusqu’à Kamikōchi. Nous arrivons vers 10h et bien que ce soit la semaine de « pré-ouverture », il y a déjà beaucoup de monde. Je pense que la météo particulièrement clémente n’y était pas pour rien puisqu’il faisait environ 23°C, ce qui est exceptionnel en cette saison (la moyenne est plutôt dans les 10°C).

Nous descendons du bus à l’avant-dernier arrêt, juste avant la gare routière. Un peu effrayée par la neige qui bordait les routes, je suis vite rassurée, il fait très bon (voire même chaud, puisque nous tombons rapidement la veste). Nous commençons la visite par la Taisho pond située au sud du parc. C’est l’une des vues les plus connues de la réserve : une eau d’un bleu azur et les montagnes enneigées en guise de fond. Même si nous sommes loin d’être seuls, il y a largement assez de place pour que chacun prenne ses photos tranquillement sans se gêner. Nous prenons ensuite le chemin vers le Visitor Center, en passant par le côté forêt.

La plupart des boutiques sont ouvertes et il est possible d’y acheter son repas. Les prix y sont cependant un peu plus cher qu’en ville. Il vous faudra penser à prévoir un sac pour vos déchets car ici, pas de poubelles afin de limiter les frais d’entretien du parc.

À deux minutes des boutiques, le pont Kappa grouille de monde. Nous décidons alors de nous engager sur la boucle nord. Même si on est loin de la tranquillité du Nakasendo, les marcheurs se raréfient. Nous repérons rapidement un premier singe, puis deux, puis trois… Ils sont partout. Déjà que trois écureuils dans Central Park me rendent joie alors imaginez mon enthousiasme. Nous déjeunons sous l’œil envieux des primates, un bento acheté la veille. Des chemins sur pilotis ont été installés tout au loin de la route pour éviter aux randonneurs de patauger dans la neige fondue. Je ne pense pas qu’il y ait plus prévoyant que les japonais.

J’ai pu lire beaucoup de commentaires de voyageurs déçus de leur visite, notamment lors des jours de grisaille. Il faut bien avouer que nous avons eu une chance inouïe côté météo. Alors oui, le soleil, la pluie, le froid influencent fortement notre expérience et l’opinion que l’on se fait d’un lieu (c’est d’ailleurs ainsi que Bruxelles n’est pour moi que la ville où je me suis pelé les fesses).

Pour les amoureux du grand air et de la nature, ou ceux qui recherchent le calme après avoir arpenté les rues de Tokyo, il serait dommage de passer à côté de cette petite merveille qu’est la réserve de Kamikōchi.

C’est tout pour aujourd’hui. On se retrouve, je l’espère bientôt, à Takayama.

En bref

  • Accès : http://www.kamikochi.org/plan/access
    • Matsumoto-Kamikōchi : environ 1h30 – 2450 yens pour un aller simple / 4550 yens aller-retour
    • Takayama-Kamikōchi : environ 1h30 – 2600 yens pour un aller simple / 5040 yens aller-retour
  • Période d’ouverture : Mi-avril à mi-novembre.
  • A ne pas louper :
    • la Taisho pond ;
    • le pont Kappa ;
    • les petits singes.
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